• Sur la route de Valdés...

    La journée aurait pu mieux commencer...

    La journée aurait pu mieux commencer. Ce matin-là, le trotteur avait failli à sa réputation « spécialiste du café ». Après une nuit de mauvais sommeil – devant une place en plein centre- les idées ne sont pas en place, la cafetière Italienne commence à donner juste la moitié de la quantité. La trotteuse trouvera l’autre moitié dans le réservoir. Le trotteur part faire l’approvisionnement. Pendant ce temps, la trotteuse passe sous la douche. La voilà encore pleine de savon, quand … le réservoir d’eau est presque vide : elle pense que son trotteur arrivera assez vite pour inverser les robinets afin de terminer de se rincer. Mais non, son trotteur n’arrivera pas, elle devra se contenter d’un rinçage superficiel. Le trotteur a mis du temps, beaucoup de magasins étaient fermés- nous sommes dimanche-il a acheté ce qu’il a pu. Les mandarines sont tellement bonnes, que cette fois il en a pris plus que d’habitude.

    Maintenant tout est bloqué, le gaz fermé, ils démarrent direction Bahia Blanca. Le guide mentionne « vaut le détour » eux pourront dire vaut des tours. Madame Garmin, la voix pas très féminine du GPS, ne connaissait pas bien les rues, ni leurs sens. La patience, le trotteur l’a perdue, tchao Bahia Blanca. Afin de se reconcentrer, ils croquent leur croissant, ils n’ont pas beaucoup roulé depuis ce matin, peut-être 30kms. A la station-service, il n’est pas possible de faire le plein d’eau, eau non consommable, on le fera plus tard. 10 kms après, contrôle sanitaire, ils changent de Province bientôt. Les produits frais doivent être mangés, ou jetés. Renseignements pris, ils devraient jeter poivrons, mandarines, les belles mandarines achetées le matin !!!Oh les trotteurs ne se laissent pas démonter. Les mandarines seront transformées en jus, quel régal un jus frais en apéritif. Si les poivrons ne peuvent pas passer le contrôle crus, ils le feront cuits. Après d’autres petits autres « incidents » qui provoqueront fou rire de la trotteuse, Casita passe le contrôle haut la main. Le trotteur un peu moins, il oubliait de payer le péage.

    Il faut avancer sur cette route infiniment droite. Parfois ils ont l’impression que le paysage va changer, c’est simplement un mirage.

     

     

    Sur la route de Valdés...

    Ils avalent les kms et tout d’un coup au milieu de rien « tiens on dirait une casse autos » dit la trotteuse. A y regarder de plus près, ce n’est pas une casse autos, mais des autos rouillées, certes, mais qui roulent.

             Sur la route de Valdés...

    Plein de monde autour d’un terrain, des chevaux, « un rodéo » pense le trotteur. Ni une ni deux, demi-tour, c’est parti pour aller voir le « rodéo ». Une jeune fille les arrête pour leur vendre les tickets, leur expliquant que c’est… « una doma » et par la même occasion leur demande d’où ils viennent et si dans leur pays cela se fait. Les spectateurs sont nombreux autour du terrain, c’est une réunion « gaucho ». Ils sont en habits traditionnels, pantalons bouffants, bottes, ceinturons avec el facon (couteau gaucho) , et la boina tout à fait semblable au béret basque. Des "bérets basques", il y en a de toutes les couleurs, bleu, rouge, blanc, de toutes les matières, cuir, laine. Ils voudraient quelques explications sur les règles. Ils s’adressent à un homme, qu’on l’appellera Juan, « dans sa mâchoire, il n’a qu’une dent » aurait chanté Polnareff. Son accent ne leur permettra pas de comprendre. En observant attentivement, et avec l’appui du dictionnaire, doma vient du verbe domar dompter, ce pourrait être donc être du « dressage » de chevaux. Ils auront la confirmation, le lendemain, c’est bien du dressage, avec des figures, dans un temps imparti. C’est une tradition gaucho. Pendant tout le concours, des chansons gaucho, interprétées en direct, accompagnent les commentaires du présentateur.                                      

                           

     

         

     Comme si vous y étiez :

                                  

                                

     

    Carmen de Patagones, portail de la Patagonie, face au Rio Negro sera la prochaine étape. Le musée historique régional Emma Nozzi présente des témoignages économiques et sociaux de l’histoire de la Province, et plus particulièrement sur les anciens esclaves noirs de la ville. C’est Carlos, qui leur fera la visite commentée pendant 2 heures. Les noirs ne profiteront pas de l’abolition de l’esclavage de 1863, ils seront massivement victimes des diverses guerres, la première en 1865 contre le Paraguay. Cela explique qu'il y a eu peu de métissage en Argentine, à la différence du Brésil. De la même façon la politique d’assimilation forcée des Indigènes, conduira à la disparition quasi-totale de leur culture. Les premiers bateaux frigorifiques, Français, eurent pour conséquence l’exportation massive de la viande.

     

            Sur la route de Valdés...      Sur la route de Valdés...  

                        Sur la route de Valdés...  

     

     

    Et comme d’habitude, dans les musées de province, les visites se terminent en chansons.

     

     

     

     

    Les lignes droites commençant à les saouler, ils décident d’aller voir les perroquets. Ils avaient lu sur de nombreux sites de voyageurs que ce détour en valait la peine. Les perroquets occupent sur plusieurs kilomètres les creux des falaises. Ce n’est pas tant par leur couleur qu’ils sont remarquables, mais par leur nombre. Ce serait la plus grande colonie au monde.

           Sur la route de Valdés...       Sur la route de Valdés...        Sur la route de Valdés...

     

    A quelques kilomètres de là, une colonie de lions de mer a élu domicile. Le gardien de l’observatoire explique, que les rochers, sur lesquels à cette heure ils se prélassent, les protègent des orques. Comme à la cantine, ils vont par petits groupes, chacun son tour pêcher.

     

                                                              Sur la route de Valdés...

     

    Il commence à se faire un peu tard, le gardien indique aux trotteurs un bon endroit pour passer la nuit, au bord de la plage, juste 15 kilomètres de piste. La piste commence par de la tôle ondulée, ils plaisantent sur un jeu de mots facile « la piste est ondulée comme les vaches ont du lait». Le soleil commence à décliner, cela va être fabuleux le coucher de soleil sur la plage…Un panneau indique attention sable,

     

    Sur la route de Valdés...

     

    ils passent tranquillement, puis un second, puis un troisième, tout va bien. Un autre panneau « travaux », la piste est moins bonne, avec prudence le trotteur mène Casita. La piste serpente entre deux murs de sable qui finissent par se rejoindre au milieu. Le trotteur hésite, quel côté choisir. La trotteuse saute de Casita, regarde, opte pour le côté droit. Erreur funeste, la solution était à gauche (n’est-ce pas José). Le trotteur avance avec trop de précautions et mauvaise pioche de la trotteuse, Casita s’arrête net. Les pelles sont de sortie, les plaques de désensablage également, tout ce petit monde est inefficace ce soir, demain sera un autre jour. Ils admirent les étoiles, ils sont tranquilles, juste le bruit des vagues qui viennent s’affaler sur la plage. Pour fêter cette première, ils sortent un apéritif bien connu dans le midi. Pendant la nuit, quelques rafales de vent, afin que les trotteurs gardent un souvenir impérissable, comme ils auraient eu du bivouac au bord de la plage. Contrairement à leur habitude, ils sont à pied d’œuvre tôt le matin. Les plaques de désensablage ne font pas leur travail. Pelles, cric, pierres, n’y font rien. Après trois essais, Casita veut prendre racine dans ce coin perdu.

     

                        Sur la route de Valdés...                                                                Sur la route de Valdés...

             les roues sont cachées dans le sable                      ce fut une plaque de désensablage

    Ils tentent de téléphoner à un numéro d’urgence. Pauvre téléphone, il n’est d’aucun secours, les communications ne passent pas. Il reste, les jambes. Les voilà partis pour 13 kilomètres sous le soleil de 10 heures. Gaucho Gil pensera à ces pauvres touristes qui oublient de klaxonner devant son autel. Juste un kilomètre parcouru, un bruit de moteur se fait entendre. Des pécheurs, auxquels ils expliquent que leur camping-car est dans le sable. Ne disposant ni des chevaux, ni de la corde pour tirer Casita de ce mauvais pas, ils les assurent qu’ils vont prévenir les autorités compétentes afin de les tirer de là au plus tard dans les quatre heures. Ayant du temps devant lui, la mer à quelques mètres, le trotteur, avec la canne de Roger, part voir s’il est possible d’améliorer l’ordinaire (le défi de l’hameçon avait été résolu). Il part pour deux heures. Au bout de ¾ d’heure, le crin prévu pour des truites Pyrénéennes ne résiste pas au poids du lest nécessaire pour pêcher en mer (et il y a longtemps que le trotteur n’a pas touché une canne à pêche). Il rentre, bien sûr bredouille, et dégage à tout hasard l’arrière de Casita pour faciliter les « secours » avec la ferme intention de rebrousser chemin. Deuxième intervention de Gaucho Gil. Il met sur leur chemin, des Brésiliens en 4X4. En moins de 2 minutes, ils sortent Casita de son trou, merci Toyota, et embarquent les trotteurs dans un raid de 120 kms de piste, ripio, tôle ondulée, comme les vaches, et passage entre les dunes. Ils passeront devant ce qu’aurait dû être leur bivouac de rêve, juste à quelques kilomètres. Ce n’est pas Casita qui se serait enfoncée dans le sable, mais EUX tant l’endroit était beau !!! Ils y ont retrouvé les pêcheurs, rencontrés quelques heures plus tôt, ils avaient un beau saumon dans leur panier…La piste, bordée par des tapis de fleurs multicolores, longe pendant des kilomètres la falaise, toujours des perroquets autour d’eux, une mer bleue. La trotteuse s’arrêterait bien pour faire la photo, mais quand même elle ne va pas abuser…Changement de décor, la piste entre à l’intérieur des terres, la température extérieure monte 36° il y a longtemps que le thermomètre n’avait affiché une telle température !!!Quelques arrêts photos rapides pour les Brésiliens, pas le temps de faire le réglage adéquat, vous ne pourrez pas voir ces splendeurs. Puis ils se retrouvent dans le désert de sable blanc, des dunes de part et d’autre. Par deux fois, « l’escorte » fera le point pour faire passer Casita, et bravement elle en sortira toute seule victorieuse. Ce n’est pas la trotteuse qui la guidait, et le trotteur la faisait rugir pour prendre son élan.

     

               Sur la route de Valdés...     Sur la route de Valdés...        Sur la route de Valdés...

     

                                                                                           Sur la route de Valdés...

                                                                                                             le beau sourire

     

    Maintenant le trio est prêt pour le Dakar…Ils rencontrèrent un autel de Gaucho Gil, ils lui firent le salut de remerciement !!! Une erreur d’orientation les amena dans un village cerné par les dunes. Les trotteurs pouvaient continuer seuls, la piste était « bonne » c’est-à-dire sans sable, mais avec tôle ondulée (très mauvais pour les oreilles). Ils devraient  retrouver les Brésiliens sur la péninsule  Valdés. Ils étaient seuls maintenant et pouvaient faire des arrêts. Pendant 20 kilomètres, une plage leur tint compagnie. A nouveau la route asphaltée, des kilomètres de ligne droite qui les amènera à Sierra Grande. Le guide prècise « seul intérêt …proposer un carburant à un prix très intéressant, precios patagonicos, la majorité des visiteurs s’arrête le temps d’un plein ». EUX, ils y ont dormi, un peu fatigués par cette journée qui avait commencé tôt et pleine de rebondissements. Un bon point pour les trotteurs : à aucun moment de la matinée, en particulier quand ils essayaient de sortir le sable de dessous Casita, ils se sont énervés, rien ne peut les atteindre, c’est le voyage avec des imprévus… Ils ont quand même fait le tour de Casita, rien de cassé pour elle, mais de la poussière dans les placards et sur tout ce qui s’y trouve.

    Ils atteindront la péninsule Valdés avec 3 semaines de « retard » par rapport au « planning ». Tous ces mots, retard, planning, heure, jours, sont restés sur l’autre continent.

     

    Sur la route de Valdés...

    PS Merci à Amitiés pour ses commentaires, mais qui se cache derrière ce pseudo?

     

     

     

     

    « A travers la PampaC'est assez les baleines et pas bandits ces manchots »

  • Commentaires

    1
    Louis-Laurette
    Jeudi 14 Novembre 2013 à 11:33

    Nous sommes contents de voir que vous suivez un entrainement rigoureux pour être enfin prêt au départ du Paris-Dakar......!!!

    bons baisers de Lannemezan 

    2
    Alain et Monique
    Jeudi 14 Novembre 2013 à 17:58

    Merci de nous faire vivre  ces merveilleux  moments. Ici le themométre est loin des 36°, la neige et le froid sont de retour. Bonne continuation à vous deux. Bises

    3
    maryse s
    Jeudi 14 Novembre 2013 à 19:26

    Salut les trotteurs.La liberté c'est le vaganbondage:vous en êtes le meilleur exemple.Plus de stress,les imprévus vous donnent  la pêche,non rien de rien non je ne regrette rien!!une petite pensée respectueuse pour cette brave Casita et à bientôt sur le blog. Bises

     

     

    4
    Japifro
    Vendredi 15 Novembre 2013 à 19:13

    Encore un grand merci pour ces narrations. Je pense que vous pourrez éditer un livre (en plusieurs tomes !) à votre retour. Outre les paysages que de belles rencontres chaleureuses. A priori Casita préfère les chemins boueux au sable. C'est normal pour elle venant des Pyrénées . Quelle chance aussi de pouvoir vous arrêter sans crainte pratiquement n'importe où pour passer la nuit. Vivement la suite de vos aventures

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    5
    jo caubet
    Samedi 16 Novembre 2013 à 20:21

    ah! je suis dans un restaurant 4 étoiles et le menu ne faiblit pas:j'attends vos récits avec délectation et je me surprends à sourire meme des mésaventures qui jalonnent votre parcours tant elles sont racontées  avec humour:c'est comme si  on y était.Mais que  de belles rencontres et d'inoubliables moments vous nous offrez  aussi.Bises et à bientot

    6
    catherine cantegreil
    Samedi 23 Novembre 2013 à 16:16

    Que d'aventrures... Je vois que vous restez zen dans toutes les circonstances... A travers les réçits d'Anne-Marie, ici à l'atelier, nous avons tous le sentiment d'être un peu avec vous. Aujourd'hui, nous nous sommes connectés sur skype et malheureusement, nous n'avons pas eu d'appel... Vous devez être dans un endroit où il vous est impossible de nous joindre.

    Toute l'équipe se joint à moi pour vous faire de gros bisous et vous dire à bientôt.

    Cathy

    7
    catherine cantegreil
    Samedi 23 Novembre 2013 à 16:17

    p.s. le prochain stage est prévu pour le samdi 21 décembre.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :