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Saint Jacques 2024

Septembre 2024, dernier tronçon français de notre chemin, de St Pé de Bigorre à St Jean Pied de Port. Nos retrouvailles commencent comme toujours autour d’une table de pique-nique. Cette année le « confort » se renforce d’une table de camping avec 4 pliants, bientôt il nous faudra une remorque.

St Pé point de départ pour les hommes, à pied, les femmes visitent le monastère de Bétharram. En descendant de la voiture Françoise pose le pied au mauvais endroit : résultat chute et grosse douleur au niveau des côtes, affaire à suivre.  Ce monastère est réputé pour être avant tout un lieu de pèlerinage antérieur à celui de Lourdes, ce qui explique la présence des sanctuaires et d'un calvaire. Dans l’enceinte des sanctuaires, le musée du « patrimoine » des Pères de Bétharram, rassemble une collection hétéroclite d'objets. En fait Anne Marie est à la recherche de l’herbier de son grand-oncle l’abbé Léon CASTILLON, qui aurait été donné aux pères de Bétharram. En fait après lecture sur Wikipédia il serait incorporé à la collection de la Fundación Miguel Lillo. (Pour mieux connaitre Léon CASTILLON https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Castillon)

Le GR78 chemin dit du piémont, grimpe sur une colline boisée, longe le calvaire, chemin de croix du XIXe classé monument historique. Nos marcheurs ont-ils gravi les 15 stations dans le silence ? Nous ne le saurons pas.

Pierre chute lui aussi, décidément 2 chutes dans la journée cela commence fort. Une consolation, des girolles ramassées feront une bonne omelette pour le lendemain. Pendant ce temps, les marcheuses avancent les voitures puis font une petite mise en jambe de Bruges à Mifaget. Vers 1110, les vicomtes de Béarn créent une étape à Mifaget, dédiée à St Michel, le protecteur des pèlerins.

Le soir, un passage à la pharmacie s’impose : arnica, bille miraculeuse celle d’Antoine D. pour les blessés du jour, et les futurs.

Le jour suivant, la météo est excellente pour notre grand plaisir, une petite fraîcheur, et un magnifique panorama, le pic du Midi d’Ossau, l’emblème de la Vallée d’Ossau. Le chemin passe dans la forêt de hêtres et chênes avec des fougères qui tapissent le sol, il monte fort le bougre, s’ouvre sur l’autre côté, toujours des bois, quelques pâturages. A l’entrée du village de Buzy, le dolmen de Buzy, de son vrai nom dolmen de Calhau- de- Teberno, offre l’aspect d’une grosse tortue de pierre posée sur des pierres verticales.

Le pique-nique : dégustation de l’omelette aux girolles pour notre plus grand plaisir. Le point de RDV est changeant, les marcheuses veulent bien continuer mais hésitent, après la pause-café à Ogeu elles s’arrêteront à Hérrère. Une nouvelle chute, une hésitation sur l’orientation, qui nous rappelle bien des souvenirs de Corse, un chemin bucolique qui longe des près avec les troupeaux de brebis gardées par le Patou, parfois des vaches, le calme et la propreté des fermes, ce jour les marcheurs les plus en forme feront 27 km.

Le soleil a encore décidé de nous accompagner ; du côté des marcheuses, l’une est au repos, la cheville est vraiment enflée, l’autre c’est la côte qui est douloureuse, mais elle prend le départ, quant au 3ème blessé, il ne dit mot. Le RDV est à Moumour place de l’église, église hélas fermée. Une épicière fort aimable offre le café et le gâteau aux pèlerins, en contrepartie nous lui signons son cahier, et même si nous n’avons pas trop marché, une pause au soleil fait du bien. Une visite improvisée de Moumour pour en trouver la sortie, mais heureusement en voiture. Le village d’Aren, une belle découverte, nous pique-niquerons face au château.  Dès la construction de son premier château qui date du XIème siècle, son emplacement en a fait une place forte. De ce château il ne plus reste rien, une maison forte construite vers 1430 qui fut remaniée et agrandie au XVIIème siècle. En 1978, le château semble voué à la destruction. Racheté par Monsieur Pendaries, sa restauration fut entreprise. Depuis 1984 il est classé aux monuments historiques. Sur le GR 78 nous rencontrons peu de pèlerins, c’est une voie peu fréquentée, cependant, le côté culturel est toujours présent. Préchacq-Josbaig attention un Préchac peut en cacher un autre…7 communes portent le même patronyme en Occitanie et Nouvelle Aquitaine, avec parfois une orthographe différente. Encore des champignons, 2 oronges et des girolles, elles aussi seront en omelette le lendemain. Nous arrivons au gîte à Gurs assez tôt, la propriétaire nous remet les clefs, le contact avec cette personne est tellement chaleureux, que Daniele l’invite pour le lendemain soir à l’apéritif. Les marcheurs terminent la journée à L’Hôpital Saint Blaise tout petit village mais doté d’une belle église du XIIe s classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le gîte est parfait nous y resterons 2 jours.

Ce matin, le groupe des femmes visite du camp de Gurs. La création du camp de Gurs est consécutive à la débâcle des républicains espagnols à Barcelone, face aux troupes du Général Franco en janvier 1939. Entre 1939 et 1945, le camp de Gurs fut l’un des plus grands camps d’internement de France. Environ 64000 personnes de populations différentes y ont été internées : des espagnols (printemps et été 1939), des « indésirables » (mai – juillet 1940), des juifs (octobre 1940 – novembre 1943), des Gitans (printemps 1944), visite o combien émouvante.

L’après-midi le paysage commence à changer, les prémices du Pays Basque. Des petites collines font leur apparition, de plus importants troupeaux de brebis. Le camino monte descend dans la forêt, de temps en temps la chaîne des Pyrénées est visible. Mauléon est juste en bas, il devrait nous rester peu de temps pour arriver au point de RDV. Mais c’est sans compter sur la découverte d’un champignon sur le talus.  Alors les yeux de nos chercheurs s’ouvrent quelques mètres plus loin, dans l’herbe un cèpe, puis deux, le troisième derrière un barbelé encore un autre, rien n’arrête Alain, mais c’est privé. Il se fait très discret les ramasse. La cueillette est suffisante pour la déguster nature le lendemain. A 19h Alain et Pierrette, nos hôtes arrivent, nous passons un très agréable moment autour d’un verre.

Une nouvelle journée et cette fois  le ciel se charge de nuages, les blessées font fi de leurs douleurs. Le sentier garde encore les marques des fortes pluies de la semaine passées. Il longe une forêt, Alain passe un peu par hasard à travers elle, et surprise un cèpe ! nous en ramasserons au moins 2 kilos. Nous entrons vraiment dans le Pays Basque comme en témoignent les maisons, les panneaux de signalisation en deux langues. Les quelques autochtones que nous rencontrons taillent volontiers une bavette. Le sentier  nous fait découvrir un panorama grandiose très vallonné Après le repas, le groupe s’éclate, le dénivelé ne décourage pas les hommes, rapidement la pente devient sévère pas difficile mais le col de  Gamia se gagne. Ils seront récompensés une grosse cueillette de girolles et un cèpe. Daniele et Janine partiront du haut du col juste pour la descente afin d’admirer le paysage. Enfin deux gardent les voitures le temps quand même d’y faire une petite sieste. Les 2 premières s’arrêtent devant « vente de fromage » les deux autres les y rejoignent. Un moment inattendu plein d’émotion comme c’est souvent le cas en voyage. Ce soir pas de cuisine nous sommes en chambre d’hôte. Il y a un impératif, il faut être à l’heure. A notre arrivée Iza, notre hôte nous reçoit sur la terrasse un bon quart d’heure. Puis enfin nous conduit aux chambres. Elles sont très bien avec salle de bain privative avec aussi un règlement très strict. Le repas basque est excellent, tout est fait maison. Le caractère de notre hôte se dévoile au cours du repas, elle a beaucoup de personnalité, parle beaucoup avec un langage assez fleuri. Son pauvre mari arrive de temps en temps à placer quelques mots. Le lendemain on pouvait s’attendre à un petit déjeuner royal, mais non, pas de jus d’orange trop cher, du pain sorti du congélateur qui a durci rapidement, un peu de confiture, de beurre, une mini viennoiserie par personne enfin la première cafetière vidée rapidement, elle conçoit d’en faire une autre, mais elle ne veut pas gaspiller…enfin le clou, elle nous a refusé un cageot au prétexte qu’elle les brûle, alors qu’elle en avait une montagne dans un réduit. Elle ne nous a pas laissé indifférents, elle a occupé notre conversation du lendemain.

C’est la dernière étape vers St Jean Pied de Port.  Les hommes toujours bon pied bon œil, pourtant 118 kilomètres déjà parcourus ; chez les femmes, on ne les compte pas, elles marchent, elles ravitaillent ; quelques kilomètres de plus pour certaines dans ce cadre splendide, puis une pause détente à Ibarolle devant un café. Pendant ce temps les hommes gagnent de la hauteur par un sentier très raide, mais la vue au sommet est une belle récompense. Effectivement il faut se le gagner, nous a confirmé un couple de pèlerins (déjà croisé à L’Hôpital St Blaise). Une imposante escadre de vautours les accompagne jusqu’au point de pique nique surplombant la vallée. La suite de l’étape devait être descendante, en fait comme d’habitude, montées et descentes alternent, le ciel pour une fois se charge de nuages. Nous arrivons à la fin du GR 78 avec une certaine nostalgie, pour retrouver le GR 65 la voie du Puy qui doit nous amener jusqu’à St Jean Pied de Port. Ce soir nous logeons à St Jean le Vieux, Mylène et Alain nous y rejoignent pour passer la soirée. Nous dégustons notre dernière cuillette de cèpes et de  girolles, avec confit de canard, et le traditionnel gâteau Basque pour terminer et le tout servi avec du bon vin. Un petit incident perturba quand même la nuit de Pierre et Janine qui dormaient sur la mezzanine. Quand nous sommes entrés dans le gite en plus de l’odeur de vieux, une sensation d’humidité nous gagna. Seul moyen de chasser cette humidité allumer la cheminée, il fallait ouvrir dans un premier temps la trappe, facile à dire moins facile à faire. Il fallut l’énergie et obstination de Gabriel pour y arriver. C’est agréable le feu de bois, oui très agréable, mais pas quand on essaie de l’éteindre par précaution, qu’il refuse et qu’il commence à fumer et enfumer toute la pièce, nous nous serions crus à Londres dans le « fog ». Malgré les portes et fenêtres ouverte, cette satanée fumée s’échappait à petite vitesse, heureusement la nuit n’était pas froide. Le lendemain les cheveux, la serviette de Janine empestaient l’odeur du feu de bois.

Nous avons donc terminé à St Jean Pied de Port. Nous qui avons fait 141 kilomètres en pleine nature, en rencontrant 3 pèlerins, et quelques autochtones, nous voilà plongés dans la foule de touristes de toute nationalité. Passage à la maison du pèlerin pour s’informer de la suite en Espagne, l’accueil y fut un peu particulier, le bénévole semblait assez renfrogné, dans un premier temps ne voulait pas nous donner la liste des hébergements, c’était peut-être de l’humour, et finalement a répondu à notre interrogation sur le passage du col de Roncevaux. Et pour terminer la semaine, le traditionnel repas au restaurant, de façon à se quitter sur une bonne note.

Pour la vidéo

https://youtu.be/MhAAw8TuecA

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